CHARLES IV, de VALOIS
1489 - 1525
Duc d’Alençon
1492 - 1525
Armes : De France à la bordure de gueules, chargée de huit besants d’argent.
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C’était la tâche de ce prince de rétablir l’honneur et le rang de sa maison gravement compromis par son père et son aïeul. Des lettres de réhabilitation lui rendirent le duché d’Alençon et ses autres domaines héréditaires. Il annonçait du courage et de l’honneur ; il servit d’otage pour Philippe, archiduc d’Autriche, lorsqu’il traversa la France pour se rendre en Castille. Sa première campagne fut en Italie ; il y accompagna Louis XII, et fit avec le roi le siège de Gênes en 1507. Le duc d’Alençon le suivit de nouveau, au delà des Alpes, en 1509. Il combattit à la bataille d’Aignadel et devant les forteresses que le roi prit après aux Vénitiens. La bonne conduite du jeune prince dans ces campagnes, et une haute alliance qu’il forma à son retour, relevèrent sa situation. Il épousa Margueritte de Valois, sœur de l’héritier du trône. François Ier , à peine roi, continua les guerres d’Italie, et son beau-frère d’Alençon passa les Alpes pour la troisième fois. Il commandait l’arrière-garde, et le seconda bien à Marignan. Quand Charles-Quint attaqua la France au nord, en 1521, le duc d’Alençon ayant le gouvernement de la Champagne et une armée de vingt mille hommes, ravitailla Mézières, et en fit lever le siège au comte de Nassau. François Ier rejoignit l’armée, réunit les deux princes autour de lui et donna le commandement de l’avant-garde à son beau-frère le duc d’Alençon. Le commandement appartenait de droit au connétable, et le duc de Bourbon, qui avait cette charge, en fut profondément irrité. François s’avança jusqu’à Valenciennes, et y manqua l’occasion de prendre l’ennemi en défaut : par une sagesse qu’on ne lui connaissait guère, il voulut attendre que le brouillard du matin se fût dissipé. Si le roi chevalier eût donné de l’éperon selon son habitude « l’empereur, dit Du Bellay, eût perdu ce jour-là honneur et chevaux. »
Quand le roi reprit la route de l’Italie, en 1525, le duc d’Alençon eut l’arrière-garde à commander. La fatale journée de Pavie a laissé de l’ombre sur son nom : il dirigea la retraite dès qu’il vit la déroute commencer, et réussit à gagner le Piémont en coupant les ponts derrière lui. Arrivé en France, il fut cruellement accusé d’avoir abandonné le roi et de s’être d »robé au péril par une retraite précipitée. Sa bravoure était pourtant connue. Accablé de ces reproches et de la responsabilité du grand désastre qu’on faisait peser sur lui, Charles tomba malade, et succomba en 1525. Il fut le dernier des ducs d’Alençon.
Il eut pour femme :
1. Marguerite de Valois, sœur de François Ier, devenue veuve, elle
épousa Henri II d’Albret, roi de Navarre ; elle donna le jour à Jeanne d’Albret
qui fut mère de Henri IV, et mourut en 1459. Elle fut célèbre par son goût pour
les lettres, et composa plusieurs ouvrages parmi lesquels on connaît surtout les
Contes de la reine de Navarre.