CHARLES DE FRANCE
1270 - 1325
Comte de Valois et d’Alençon
1285 - 1325
Armes : Semé de France à la bordure de gueules.
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Charles de France, second fils de Philippe le Hardi, naquit en 1270. Son père lui donna pour apanage les comtés de Valois, d’Alençon, etc. Rome lui fit une part plus belle encore, en le gratifiant des royaumes d’Aragon et de Valence, du Roussillon et de la Catalogne ; mais il fallait combattre pour les posséder. Le roi Philippe fit cette campagne avec ses deux fils. Le comte de Valois, âgé de quinze ans, ne quitta pas son père ; il suivit devant toutes les places assiégées, cette armée qui combattait pour lui. Mais l’expédition, après en heureux début, tourna mal ; et les prétentions de Valois tombèrent à néant.
Dès l’origine de nos longues guerres avec les Anglais, Charles de Valois courut en Guyenne (1295). Il répandit la terreur et fit une rude guerre aux villes qui s’étaient données à l’ennemie. Plus d’une fut emportée d’assaut. Mais sitôt qu’il eut quitté la province, ces places retombèrent aux mains des Anglais.
Philippe le Bel, en guerre contre le comte de Flandre, donna son armée à commander à son frère Valois qui s’empara, dit le chroniqueur, de toutes les villes de ce pays, à l’exception de Gand. Il vainquit, dans deux combats, Robert de Béthune, fils aîné du comte de Flandre, qui se rendit à discrétion.
Le pape Boniface VIII attira Charles de Valois en Italie ; le pontife menacé par les factions florentines, l’appelait à son aide, lui promettant de le faire empereur. Il le trompa ; mais Charles, à défaut de l’empire d’Occident, se donna le titre d’empereur d’Orient, du droit de sa femme, Catherine de Courtenay ; puis il passa en Sicile à la tête d’une force navale imposante, pour combattre Ferdinand d’Aragon et les Sarrasins. Après une campagne, il fut contraint d’accepter un fâcheux traité : la famine et les maladies avaient décimé son armée. Revenu en France, il assista à la bataille de Mons en Puelle, où ses escadrons furent rompus ; il céda à un premier moment de surprise et de panique, mais il revint bientôt à la charge et contribua au succès.
On connaît sa haine pour Enguerrand de Marigny, et la part qu’il prit à son procès ; cette haine mortelle avait sa source dans un motif d’honneur. Valois avait répondu au comte de Flandre, sur sa parole de chevalier, que ces états lui seraient rendus : cette promesse ne fut point respectée, et il l’imputa à Marigny. Il montra bientôt un cuisant repentir de sa mort, et voulut l’expier par des fondations et de grandes aumônes ; ces officiers allaient disant à chaque pauvre : « Priez Dieu pour monseigneur Enguerrand de Marigny et monseigneur Charles de Valois. »
Après avoir montré plus tard de la modération et de la prudence dans une querelle des barons contre son neveu Louis le Hutin, Charles termina sa carrière militaire par une campagne en Guyenne (1324). Charles le Bel, excité à la guerre par sa sœur, femme d’Edouard II, fit attaquer cette province. Le comte de Valois arriva à Cahors avec ses deux fils, et y passa en revue les milices de Languedoc. Agen ouvrit ses portes ; Condom, Bazas, et les places du comté de Grave, se soumirent aussi sans combat ; mais le château de la Réole, défendu par le comte de Kent, frère d’Edouard, ne se rendit qu’après une vive résistance. Le comte de Valois assiégea ensuite le château de Montpezat qui fut pris est rasé ; il s’empara ainsi de presque toute la Guyenne et ne laissa qu’au Anglais que les villes de Bordeaux, Bayonne et Sainte Sever. Il revint triomphant à Paris, et mourut l’année d’après.
Charles de France, comte de Valois, fut fils de roi, frère de roi, oncle, gendre, père de roi, et enfin tige d’une postérité de treize rois. Il fut toujours heureux en combattant pour l’Etat, et n’échoua qu »en guerroyant pour lui-même : il manqua la couronne impériale comme la couronne d’Aragon, et resta comte parmi tant de rois de sa lignée.
Il eut pour femme :
1. Marguerite de Sicile, fille de Charles II, roi de Naples, morte le 31
décembre 1299
2. Catherine de Courtenay, impératrice titulaire de Constantinople, morte en
1307
3.
Mahaut de Châtillon, fille de Guy III, comte de Saint Paul, morte en 1358
Il eut de sa première femme :
1.
Philippe VI,
roi de France,
2. Charles comte d’Alençon (qui suit)
3.
Isabelle, née en 1293, qui épousa Jean III, duc de Bretagne, et mourut en 1309
4.
Jeanne, marié à Guillaume Ier ,comte de Hainaut, devenue veuve, elle
se fit religieuse et mourut en 1352
5. Margueritte, marié à Guy Ier de
Châtillon, comte de Blois, morte en 1342. De ce mariage vinrent Louis de
Châtillon, comte de Blois, tué à Crécy en 1346 et Charles de Blois, duc de
Bretagne, tué à la bataille d’Auray en 1364
Il eut de sa seconde :
1. Jean, comte de Chartres, mort jeune
2. Catherine, mariée à Philippe de Sicile, prince de Tarente, elle mourut en
1346
3.
Jeanne, femme de Robert d’Artois III, morte en 1343
4. Isabelle, religieuse et prieure de Poissy.
Il eut de la troisième :
1. Louis, comte d’Alençon, mort enfant en 1328
2. Marie, seconde femme de Charles, duc de Calabre, morte en 1328
3.
Isabelle, mariée à Pierre Ier ,duc de Bourbon
4. Blanche, qui épousa l’empereur Charles IV et mourut en 1348.