JEAN I, dit le Sage
1385 - 1415
Duc d’Alençon
1404 - 1415
Armes : De France à la bordure de gueules, chargée de huit besants d’argent.
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Jean I, né en 1385, succéda à Pierre II, son père, en 1404. Il vécut dans un temps de confusion et de tempêtes, au milieu des factions qui divisaient l’état, et la part qu’il y prit justifie mal ce surnom de Sage que ceux de son temps lui ont décerné. Jean d’Alençon se rangea du parti d’Orléans. Chaque faction, aussi peu soucieuse que l’autre de l’intérêt national dont le sentiment s’éveillait à peine, cherchait à mettre l’Anglais dans ses intérêts. Le comte d’Alençon se laissa entraîner dans ces menées coupables. Jean le sage, en dépit de son surnom, joua un rôle violent dans les guerres civiles. Il entama les hostilités contre les factions de Bourgogne, en ravageant le Vermandois. Marchant de là sur Paris, il se trouva, avec le parti d’Orléans, à la prise de Saint-Denis et de Saint-Cloud. Tandis que le roi Charles VI assiégeait dans Bourges les ducs de Berry et de Bourbon, Louis d’Anjou et le connétable de Saint-Pol furent chargés d’attaquer le comte d’Alençon et de s’emparer de ses seigneuries. Il fit une soumission forcée, et accompagna Charles VI aux sièges de Compiègne, de Noyon, de Soissons, de Bapaume et d’Arras. « Devant Arras, un homme, dit Monstrelet, bouta le feu au logis du seigneur d’Alençon, lequel hâtivement fut si grand qu’à peine lui-même put issir et fuir ès tentes du roi. » Il semblait las de ces cruels désordres et montrait grande envie de réconcilier les deux partis. Le roi, qui l’avait fait de sa main chevalier devant Bapaume, érigea son comté d’Alençon en duché-pairie.
Quand Henri V s’avança en Picardie, le comte d’Alençon, impatient d’expier le tort de ses intelligences avec les Anglais, marcha sur la Somme avec le connétable pour leur barrer les passages, et ils les tinrent en échec au Pont-Remi. Bientôt le duc d’Alençon les retrouva à Azincourt. Il s’y montra ce qu’avait été, à Crécy, son aïeul Charles II, un superbe et téméraire chevalier. Comme lui, il demanda sur-le-champ la bataille, malgré l’avis des meilleurs chefs. Comme son aïeul, il fut tué héroïquement. Le chroniqueur Monstrelet raconte ainsi sa mort : » Durant laquelle bataille, le duc d’Alençon dessus nommé, à l’aide de ses gens, transperça très vaillamment grand partie desdits Anglais, et alla jusques assez près du roi d’Angleterre, en combattant moult puissamment ; et tant qu’il navra et abattit le duc d’York. Et adonc ledit roi, voyant ce, approcha pour le relever, et s’inclina un petit. Et lors ledit duc d’Alençon le férit de sa hache sur son bassinet et lui abattit une partie de sa couronne. Et en ce faisant, les gardes du corps du roi environnèrent très fort icelui ; lequel, apercevant qu’il ne pouvoit échapper du péril de la mort, en élevant sa main, dit au dessusdit roi : « Je suis le duc d’Alençon, et me rends à vous. Mais, ainsi qu’icelui roi vouloit prendre sa foi, fut occis présentement par lesdites gardes. »
Il eut pour femme :
1. Marie, fille de Jean V, duc de Bretagne, morte en 1446
dont il eut :
1. Pierre, né en 1407, mort enfant
2. Jean II (qui suit)
3. Jeanne, morte jeune en 1420
5. Charlotte, née en 1413, morte en 1435.
Enfants naturels
1. Pierre, bâtard d’Alençon fit preuve de la plus grande valeur à la bataille de
Verneuil, en 1424, où lui et son frère le duc d’Alençon furent blessés, et
faits prisonniers
2. Marguerite, épousa Jean de Saint-Aubin.